par Sean Chandler - Mis en ligne le 10/11/2004 - Publié en Février 2004
Evaluer le vrai potentiel derrière les apparences
A en croire le matraquage qui inonde l'industrie IT,
chaque homme, femme et enfant de la planète pratique le
développement de services Web. A tel point qu'une grande
chaîne de télévision élabore un reality show inspiré des
services Web.Sous le nom éventuel de « Survivor : Web
Services », cette série dresse deux équipes de programmeurs
l'une contre l'autre dans une série de jeux de coding complexes,
sur une île déserte.
Bon, d'accord, il n'y a peut-être pas de spectacle télévisé,
mais il est certain qu'on fait beaucoup de tapage sur le sujet
des services Web. Mais qui peut-on croire ? A un bout du
spectre, les professionnels IT voient les services Web comme
une percée technologique qui transformera la manière dont
les applications seront développées et déployées à l'avenir. A
l'autre bout du spectre, d'autres professionnels IT voient les
services Web simplement comme un prétendue panacée logicielle
qui n'a aucune chance d'influencer notablement le
monde applicatif.
En définitive, le seul moyen objectif d'évaluer l'impact
potentiel des services Web est de découvrir qui est actuellement
en train de développer, de déployer ou de prévoir des
services Web dans l'industrie IT. A cet effet, la firme Gartner
(http://www.gartner.com) a mené deux enquêtes en février
2003 pour mesurer l'attrait des services Web aujourd'hui et à
l'avenir.
La première enquête a visé 50 entreprises d'Amérique du
Nord dont le chiffre d'affaires annuel dépassait 500 millions
de dollars. Pour les besoins de cet article, appelons cela
« l'Enquête 50 ». Bien que le groupe interviewé ait été relativement
petit, la taille des entreprises ciblées donne une
bonne idée de ce que les grands comptes pensent des services
Web.
La seconde enquête a touché plus de 100 entreprises
d'Amérique du Nord ayant plus de 1 000 employés et qui envisagent
de déployer les services Web dans les 12 à 24 prochains
mois. Appelons cela, « l'Enquête 100 ». A l'évidence, le
groupe interrogé n'est pas vraiment neutre et penche plutôt
vers le déploiement des services Web. L'enquête n'en a pas
moins dégagé quelques enseignements utiles.
On notera que les deux études se situent en Amérique du
Nord. Or, différents pays ont différents degrés d'intérêt et différents
rythmes de déploiement des services Web. Par conséquent,
soyez prudent avant d'extrapoler les résultats de l'enquête.
Quelle est la réalité des services web ?
La première difficulté dans une enquête sur les projets de services
Web est que diverses personnes ont différentes interprétations.
Pour certains, par exemple, les services Web sont
simplement la validation XML de toute application. A leurs
yeux, il suffit de glisser quelques imports et exports XML devant
un programme RPG iSeries existant, et voilà des services
Web.
La définition commune des services Web dans l’industrie
– et celle que nous adoptons ici – est la suivante : pour qu’une
application mérite le titre de composant de services Web, elle
doit utiliser une ou plusieurs des technologies suivantes :
SOAP (Simple Object Access Protocol), WSDL (Web Services
Description Language) et UDDI (Universal Description,
Discovery, and Integration). Dans tous ces standards, l’utilisation
de XML est implicite.
Cette notion « XML = services Web » apparaît clairement
dans les deux enquêtes de Gartner. Dans l’Enquête 50, 86 %
des interviewés indiquent que XML est utilisé dans leurs projets
de services Web, mais 31 % seulement indiquent l’utilisation
de SOAP, 14 % celle de UDDI, quant à WSDL on les
compte sur les doigts des deux mains.
Dans l’Enquête 100 (qui, on l’a vu, se concentre sur des
entreprises revendiquant des projets de services Web actifs),
les résultats sont similaires. Ici, 75 % des interviewés indiquent
l’utilisation de XML, mais 31 % seulement indiquent
celle de SOAP. Dans cette enquête aussi, WSDL et UDDI ont
un score inférieur à SOAP.
Moralité : l’industrie a tellement mis l’accent sur XML
comme colonne vertébrale des services Web, que cela a définitivement
brouillé leur définition dans l’esprit de nombreux
spécialistes des technologies de l’information. Les organisations
IT peuvent se croire entièrement engagées dans des
projets de services Web alors qu’elles ne le sont pas vraiment.
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